Veldrith Val’aar

Prénom: Veldrith
Nom: Val’aar
Surnom: Le collectionneur
Âge: 347 ans
Race: Sombre
Situation financière: Bonne, peut-être..?
Métier: Prêteur sur gage
Lieu d’origine: Nyr’Thalor
Lieu de résidence: Rune, Ville Haute
Apparence: De beaux tissus dissimulant à demis une armure légère, des parures variées et colorées qui soulignent ses traits; Veldrith est incontestablement citadin, dans son apparence, dans son être. Précieux, il est aussi distingué qu’il est possible de l’être dans ce monde. Ses gestes, son regard et le timbre de sa voix sont doux, seul contraste, cachés dans les plis de sa tunique, les lames acérées réservées à qui oserait méprendre avenance et crédulité. Cheveux blanc, teint pâle, yeux gris… comme si Shilen avait définitivement renoncée, pour lui, à toutes couleurs, même froides. Dans les rues ou pire en dehors de la cité, un lourd manteau noir efface toutes parures, ne reste perceptible que sa démarche confiante.
Caractère: Nostalgique du monde qui n’est plus, désabusé par la stupidité des aventuriers naïfs qui meurent par paquet sur les routes, Veldrith arpente ces terres sans plus y croire. Son enthousiasme est comme un faible souffle de magie dans le vent, qui s’en vient, qui s’en va, en fonction des intérêts, des profits envisageables. Dernière véritable étincelle dans son regard, la découverte de nouvel élément pour sa collection, collection qu’il entretient encore avec passion, tout comme son sarcasme.
Prélude
Tu regardes les vieux rideaux poussiéreux qui dépérissent à la grande fenêtre. Avachis sur une chaise à ton bureau, lasse, tu te rappelles des temps où il était intéressant de regarder la vie derrière les carreaux de verre soufflé… mais aujourd’hui.. à quoi bon, les rues ne sont que crasse et misère. Tu laisses échapper un soupir, un léger mouvement du doigt et c’est l’entièreté de la tour de quatorze étages qui s’écroule. Les adenas tombent, glissent, roulent sur le bois ancien. Sous ton regard morne et déjà agacé, l’un deux s’approche du bord, semble hésiter, vouloir jouer avec tes nerfs puis tombe sur les dalles de pierre froide. Tu soupires encore, te pince l’arrête du bout des doigts. Une part de toi même, une réflexion de ton inconscient brutalement franche, te crie de te bouger, de sortir, de faire quelque-chose, n’importe quoi. La chaise crisse sur le sol alors que tu te lèves pour rechercher la pièce fugitive. Tu la ramasses, après t’y être pris par deux fois pour la décoincer de la fissure dans laquelle elle s’était figée, la lèves devant ton visage comme pour mater sa rébellion et la glisses dans ta poche. Il est temps que tu t’y remettes, peu importe la quête, mais tu sais qu’il te faut faire quelque-chose. Sinon tu pourrais bien finir comme ces rideaux, poussiéreux, oubliés, une relique dépérissante d’un autre temps.
***
La porte claque derrière toi, bien emmitouflé dans un épais et sombre manteau, tu grognes quand la puanteur de la rue atteint tes sens. Le contraste te frappe à chaque fois, ces mêmes allées dans les quartiers nobles, autrefois si vivantes, si propres et avenantes, qui ne sont aujourd’hui plus que désolation. Ta famille s’est installée jadis dans ces beaux quartiers à la recherche d’opportunités, laissant Nyr’Thalor derrière vous. Comme tant d’autres, vous avez prospéré, la vie était agréable et vous ne manquiez de rien. Ce bon temps perdu où les grandes familles possédaient suffisamment de petites mains pour entretenir les domaines, où tous ici prospéraient sous le règne du dernier empereur.
Tu donnes un coup de pied au clébard qui t’a surpris au coin de la ruelle dans laquelle tu venais de t’engouffrer. Bouffer ou se faire bouffer, la seule vraie règle de ce temps, tu le sais, tu le vois, mais jusque là tu ne fais rien, attends que le temps passe, que l’époque arrive à son terme… Mais c’est long, même pour un sombre, c’est terriblement long et ennuyeux. Tu sais qu’il te faudra bientôt choisir, bouffer ou se laisser bouffer.
***
Après les grandes maisons abandonnées, ce sont les temples vides qui défilent sur ton passage. Peu t’importes où ont bien pu aller se cacher leurs divinités couardes. Le désespoir de leurs adeptes ne te touche pas le moins du monde, même si les répercussions sur ce dernier sont regrettables. Tu sais très bien quel temple éviter, tout ceux où une lueur persiste ne sont pas bon à fréquenter. Discret, mais ne se cachant maintenant plus vraiment, le cinquième temple du quartier sud est le seul qu’il t’arrive de fréquenter de temps à autre. Entrer dans cette demeure où la statue de Shilen t’accueille à chaque fois, agit sur toi comme une porte sur ton passé, une bouffée revigorante de nostalgie.
Tu passes devant le bassin sacré, pique le bout de ton doigt, la goutte tombe. Des ondes se forment à la surface, une, deux, trois, cela suffira pour aujourd’hui. Si la déesse en veut plus… elle devra avant, en faire davantage. Elle est bien ta déesse mais ta foi est bien loin de celle des autres fidèles du temple. Tu passes brièvement ta main sur ton torse, couvrant symboliquement la marque reçue jadis lors de tes premières années. Tout ici t’y renvoie, odeurs, symboles, rituels. Plus que le temple d’une divinité, pour toi ce lieu incarne la culture des tiens, un temple de ton passé perdu.
***
Un pincement au cœur, tu reprends ton chemin, empruntant les rues descendantes. Arrivé sur la place au centre de la cité, l’effervescence te fait l’effet d’un chaos individualiste, où chacun tente de tirer son épingle du jeu, tromper son voisin. Tu n’es guère différent aujourd’hui, tu as arrêté depuis longtemps de t’investir pour des causes, pour d’autres. Jeune tu t’es eu engagé corps et âme pour tes croyances, pour ce que tu pensais être juste, mais plus aujourd’hui, plus après ces défaites.
Le souvenir t’est encore amer, comme c’est souvent le cas dans le camp des vaincus. Einhasad n’a jamais été ta déesse mais Frintezza encore moins ton empereur. Convaincu qu’il n’amènerait que le déclin, tu t’es jadis engagé sous le commandement d’Anais. Tu te rappelles la voix de tes camarades d’unité, certains proches confidents; mais dans ton esprit, depuis le temps, leurs visages se sont floutés. Tu as combattu à leurs côtés au monastère du silence, un soldat parmi tant d’autres. Vous avez résisté plus longtemps qu’il n’était imaginable mais les troupes de l’héritier se sont imposées, impitoyablement.
Là-bas tu as perdu. Depuis, tu as quitté tout cela, et bien que tu gardes quelques contacts dans l’ordre de Sainte Solina, tu t’en tiens bien éloigné. Là-bas, tu as perdu, tes compagnons d’armes, le dernier espoir de ton monde, ta flamme.
***
Le monde s’effrite et tu le regardes se désagréger depuis si longtemps, aujourd’hui tu décides de changer, de ne pas finir en poussière avec lui. Tu souffles un soupir, tire un sourire au coin de tes lèvres et te lances d’un pas décidé au travers de la foule.